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Avec Kameleoon, le web designer c’est vous !

28 avr

Vous n’êtes pas totalement satisfait du look de votre site ou de votre blog mais vous n’avez pas pour autant l’intention de recourir aux services d’une web agency ? Partant du principe que d’autres ont la même problématique, Kameleoon cherche à s’engouffrer dans la brèche en mettant à disposition des outils en ligne de conception graphique. Grâce à ce service, vous êtes en mesure de créer facilement l’habillage de votre choix pour votre site ou blog sans avoir à manipuler du HTML ou du CSS. La startup vise aussi les professionnels en leur proposant d’intégrer Kameleoon à leur propre plate-forme en ligne afin d’offrir à leurs utilisateurs une vraie personnalisation de leurs pages. Rencontre avec Jean-Noël Rivasseau, l’un des deux fondateurs.

Bonjour Jean-Noël, pour commencer, peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours…

Ancien élève de l’Ecole Polytechnique, j’ai suivi une spécialisation en informatique via un Master en 2 ans à l’University of British Columbia (UBC) située à Vancouver (Canada). De retour en France, j’ai commencé ma carrière à Oberthur CS puis chez FastBooking, une startup qui commercialise des solutions en ligne pour les hôteliers. Je me suis lancé dans l’aventure entreprenariale en 2008, en étant rapidement rejoint par Kim Loeber, un ami de longue date. Il est aujourd’hui mon associé et a en charge toute la partie commerciale et marketing.

Une phrase pour définir la promesse de Kameleoon ?

Le webdesign contribue in fine à augmenter l’audience du site ou son taux de conversion. Avec notre solution, cet habillage graphique devient esthétique, rapide et efficace. Mais surtout, il est simple et ne nécessite aucune connaissance technique.

A qui s’adresse votre solution ?

Pusique Kameleoon s’adapte à tous les types de plateformes, nous nous adressons à toutes les personnes ayant un site et étant motivées par le webdesign. Notre cible est donc constituée du bloggeur occasionnel qui a à cœur de designer un blog qui lui ressemble, du e-marchand qui cherche à vendre plus et à fidéliser sa clientèle, du chercheur d’emploi qui veut mettre en valeur sa carrière ou son expérience, etc.

Comment est née l’idée de Kameleoon ?

De notre propre besoin lors d’un précédent projet. Nous nous sommes demandés comment proposer du webdesign « sur-mesure » sans avoir besoin d’une bibliothèque démentielle de templates ou d’un graphiste qui suive chaque client ? Lors de notre recherche de l’outil idéal, nous avons constaté que la demande en webdesign explosait avec le web 2.0 mais que les solutions apportées ne nous convenaient pas. Nous en avons conclu qu’il y avait matière à explorer une 3e voie à mi chemin du modèle précodé qu’est le template et du design sur mesure : un éditeur WYSIWYG (« what you see is what you get ») intégré au site, qui effectue les modifications immédiatement selon les demandes du client SANS notre intervention.

La question qui fâche : à quoi bon se prendre la tête à faire soi-même son thème Wordpress alors qu’il en existe beaucoup de gratuits et bien faits ?

C’est effectivement une question que nous nous sommes aussi posée et plus d’une fois. Y répondre n’est pas simple puisque chaque utilisateur peut avoir ses propres motivations. Nous avons tout de même relevé 4 vérités factuelles :

1) L’utilisateur aime la personnalisation. L’industrie grand-public propose tout un  tas de « séries limitées », « gravures du prénom », etc. Les sites internet sont inclus dans ce processus car ils reflètent l’identité de leur propriétaire. Si ce n’était pas le cas il n’existerait pas des milliers de thèmes WP et les web-agencies proposant du sur-mesure auraient fait faillite depuis longtemps.

2) Après une période de forte industrialisation, on observe un retour en force du « home-made ». En témoigne le nombre incalculable de billets de blogs sur le mode du « comment faire… » et de tutoriels pour « réaliser son machin soi-même… » Le site internet n’échappe pas à cette tendance.

3) Dénicher un template à son goût suppose tout d’abord que celui-ci existe. Et l’offre est si large qu’il devient très difficile de trouver ce que l’on cherche sans y passer un temps fou.

4) Beaucoup d’internautes ne savent pas réellement ce qu’ils veulent ! Kameleoon les accompagne et leur permet de modifier leur design au gré de leur évolution esthétique.

Quoi de neuf par rapport à ce qui existe déjà ?

Le gros apport de Kameleoon est dans le fait que le webdesign soit « on-line » et qu’il ne demande pas de connaissances techniques particulières. Il existe certes quelques solutions développées par des éditeurs (Blogger, ePages, PowerBoutique, etc.) mais elles sont bien en deçà des possibilités offertes par Kameleoon et surtout elles sont liées à la plate-forme qui les a développées. Dans la mesure où notre outil fonctionne quel que soit le site, sa maitrise permet de décorer avec cohérence ses sites, blogs, forums, pages perso, etc…

Il y a aussi des solutions telles que Artisteer et Kiubi. Comment vous situez-vous par rapport à ces deux outils ?

Artisteer et Kiubi se basent sur des plateformes existantes (tels que WordPress, Joomla) et aident leur utilisateurs à produire l’integralite du design / template en partant de zéro.

Avec Kameleoon, non seulement vous pouvez agir indépendamment de la plateforme utilisée, mais en plus vous pouvez modifier ‘’légèrement’’ votre template existant. Par exemple, si vous n’êtes pas satisfait d’un choix d’une couleur.

Le modèle économique de Kameleoon ?

Il est principalement B to B to C. Nous vendons en mode SaaS notre technologie à des fournisseurs de solutions clef en main (Jimdo et très bientôt 42Stores) qui en laissent l’usage et le bénéfice à leurs propres clients. Nous nous calquons donc sur le modèle d’abonnement des fournisseurs en question. Ainsi, si leur offre est gratuite, la brique Kameleoon l’est aussi.

Les moyens financiers à votre disposition ?

Pour l’instant, Shoopz (la société publiant Kameleoon) est financée grâce à une première levée de fonds dont nous préférons ne pas révéler l’origine et le montant. Nous n’en envisageons pas de seconde dans l’immédiat.

Le principal challenge des premiers mois de l’aventure de ta startup ?

D’un point de vue business, il a été de définir les priorités. Sur le plan technique, nous avons mis beaucoup d’énergie peaufiner les idées directrices du produit.

Un chiffre clé…

3000

C’est le nombre d’utilisateurs un an après la mise en ligne

La bonne surprise des premiers mois ?

Techniquement, le produit fonctionne ! Vu les contraintes techniques imposées par les normes HTML/CSS et par l’aspect générique de Kameleoon, ce n’était pas gagné… Nous sommes donc confortés dans l’idée que nous avons entre les mains un outil « génial » !

Et la mauvaise…

Elle découle en fait de la bonne : le pari du tout générique est extrêmement complexe d’un point de vue technique. Nous avons beau avoir budgétisé un grand nombre d’heures sur cette question, le développement a été encore plus colossal que nous ne l’imaginions avant de nous lancer.

Une erreur de débutant ?

Croire qu’une bonne idée = un bon produit = des clients naturellement disposés à l’utiliser… Il faut trouver le bon angle d’approche pour attaquer le marché avec succès.

Votre vision pour Kameleoon à 5 ans ?

Etre le leader incontesté sur le créneau du e-webdesign,  c’est à dire une méthodologie consistant à réaliser le design de son site Web grâce à des outils  directement déployés sur le site ciblé. Pour y parvenir, il nous faudra aussi promouvoir cette rupture en apportant la preuve de ses multiples avantages.

Le conseil d’entrepreneur que vous auriez aimé que l’on vous donne avant de créer votre entreprise ?

Ne perdez pas votre temps avec des concours audités par Ernst & Young !

Derrière cette remarque polémique se cache une dure réalité pour les entreprises qui se veulent innovantes : naviguer dans le labyrinthe des aides publiques est très ardu mais cette complexité est loin d’être le seul problème… Nous avons surtout été choqués par l’attitude de certains prestataires choisis pour expertiser les dossiers des entreprises candidates. Lorsqu’on passe des mois sur un dossier crucial de financement et que l’on découvre lors de l’audition que les experts l’ont à peine feuilleté, cela est inquiétant…

J’ajoute que nous ne sommes pas les seuls à avoir pâti de ce manque de professionnalisme. Heureusement pour nous, nous avons pu nous en sortir autrement mais d’autres n’ont pas eu cette chance.

A mon humble avis… En dépit des centaines (milliers ?) de templates Wordpress disponibles, il est clair qu’il est difficile d’en trouver un totalement à son goût. En tant que blogueur peu emballé par le look du sien, je suis 100% dans la cible de Kameleoon et le concept me semble donc répondre à un vrai besoin. Reste que n’étant pas allé jusqu’à transformer mon template grâce à cette solution, je ne suis pas en mesure de vous donner un avis très éclairé sur la chose. Si ce n’est que j’ai quand même pu me faire une idée grâce à une démonstration en ligne disponible sur le site. Ma conclusion à chaud : les possibilités semblent en effet nombreuses mais le maniement de l’outil ne m’a paru si intuitif que cela…

La plupart des jugements trouvés dans les commentaires d’autres blogs ayant présenté Kameleoon sont assez sévères mais il faut dire qu’ils émanent généralement de graphistes professionnels peu enthousiastes face à l’arrivée d’une telle concurrence. Pourtant, cet outil ne prétend pas rivaliser avec le design de quelqu’un dont c’est le métier. Il faut surtout le voir comme une alternative aux templates pré-designés.

Si quelqu’un a déjà créé ou modifié son site via Kameleoon, les commentaires sont ouverts…

 

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  1. Kameleoon

    9 mars 2011 at 10:46

    Le fait que l’ outil ne soit pas très intuitif est un reproche fréquent que l’on nous adresse. A cela nous faisons remarquer que pour proposer un outil permettant de réaliser du web design sur mesure, qui plus est indépendamment de la plate-forme sous jacente, un minimum d’investissement est nécessaire. Compter environ un WE pour apprendre l’outil et être en mesure de produire des designs satisfaisants. Il faut comparer cela avec les mois nécessaires pour maitriser les normes HTML / CSS… mais il est clair que nous nous adressons aux utilisateurs passionés et pas à ceux qui veulent un résultat en deux minutes.

    Cependant, nous devons nous aussi nous améliorer de ce côté là et nous sommes en train de finaliser un mode « simple » pour Kameleoon, qui sera largement plus intuitif (et plus proche du résultat instantané). Nous espérons qu’il répondra aux attentes de nos utilisateurs inquiets par la complexité de l’interface.

    Enfin, il est regrettable que les graphistes et web designers professionnels aient en effet plutôt des réactions négatives. Kameleoon , une fois compris, a bien plus vocation à leur permettre de gagner en productivité qu`à rivaliser avec eux. Mais les habitudes de travail sont souvent difficiles à changer.

     
  2. Fred (admin)

    9 mars 2011 at 10:54

    @Kameleoon : Merci pour ces éclaircissements. Je suis assez d’accord avec l’argument selon lequel il est normal de devoir investir quelques heures de son temps pour maitriser l’outil.